Les inscriptions à la Draft NBA s’effondrent : l’effet NIL change complètement le basketball universitaire

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Les inscriptions à la Draft NBA s’effondrent : l’effet NIL change complètement le basketball universitaire

Le paysage du basketball universitaire américain continue de changer profondément. Le 27 avril, la NBA a dévoilé la liste des joueurs inscrits en tant qu’“early entrants” pour la Draft 2026… et le chiffre a surpris tout le monde.

Seulement 71 joueurs se sont officiellement déclarés en avance pour la Draft NBA 2026. Un total historiquement bas.

Pour mesurer l’ampleur de la chute :

  • ils étaient 106 en 2025 ;
  • 242 en 2022 ;
  • et un record absolu de 353 joueurs avait été atteint en 2021.

La baisse est spectaculaire :
-33% par rapport à l’an dernier,
et près de -80% comparé au pic de 2021.

Il faut remonter à 2012 pour retrouver une liste plus faible, avec seulement 66 candidats cette année-là. Depuis, le nombre n’était jamais redescendu sous la barre des 75 joueurs… jusqu’à aujourd’hui.

L’impact majeur du NIL

Cette évolution n’a rien d’un hasard. Elle est directement liée à l’arrivée du NIL (“Name, Image and Likeness”) en juillet 2021.

Depuis cette réforme historique, les joueurs NCAA peuvent enfin gagner légalement de l’argent grâce :

  • aux partenariats sponsorisés,
  • aux publicités,
  • aux réseaux sociaux,
  • aux contrats marketing,
  • et aux collectifs de boosters universitaires.

Résultat : rester à l’université est devenu financièrement plus intéressant pour beaucoup de joueurs.

Avant le NIL, même un joueur projeté au second tour avait souvent intérêt à tenter sa chance en NBA rapidement. Aujourd’hui, certains gagnent davantage en restant à l’université qu’en signant un contrat two-way ou en jouant en G League.

Brian Meehan, professeur d’économie à Berry College et spécialiste des effets économiques du NIL, résume parfaitement la situation :

“Pour beaucoup de joueurs, c’est beaucoup plus d’argent que ce qu’ils gagneraient en G League.”

Selon une étude publiée en 2025 dans le Journal of Sports Economics, 81% des prospects draftables du Top 100 de The Athletic s’étaient inscrits à la Draft en 2021, juste avant l’explosion du NIL.

Dès 2022, ce chiffre est tombé à 52%.

Une nouvelle logique de carrière

Le changement est également psychologique.

Aujourd’hui, quitter prématurément la NCAA comporte davantage de risques :

  • ne pas être drafté,
  • ne pas faire un roster NBA,
  • signer un contrat non garanti,
  • ou passer plusieurs années en G League.

À l’inverse, rester à l’université permet :

  • de continuer à se développer,
  • d’augmenter sa valeur de draft,
  • tout en gagnant parfois plusieurs centaines de milliers de dollars.

Meehan explique :

“Si vous quittez la fac et que vous n’êtes pas drafté, ou seulement choisi très tard sans contrat garanti, c’est une situation très risquée pour un joueur qui vient juste de terminer sa première ou deuxième année universitaire.”

Le NIL a donc totalement inversé la logique économique du basketball universitaire.

La règle NCAA de 2016 avait déjà changé la tendance

Un autre facteur explique les chiffres gigantesques observés avant 2021.

En 2016, la NCAA avait modifié ses règles afin d’autoriser les joueurs à :

  • se présenter à la Draft NBA,
  • puis retirer leur nom plus tard,
  • tout en conservant leur éligibilité universitaire.

Cette réforme avait provoqué une explosion du nombre d’inscriptions, culminant avec les 353 joueurs de 2021.

Mais depuis l’arrivée du NIL, la tendance s’est complètement retournée.

Chaque année depuis 2021, le nombre d’early entrants a chuté d’au moins 14%.

Une NCAA plus forte… et plus expérimentée ?

Cette évolution pourrait aussi transformer durablement le niveau du basketball universitaire.

Avec davantage de joueurs qui restent plusieurs saisons :

  • les effectifs gagnent en expérience,
  • les stars restent plus longtemps,
  • et les programmes NCAA deviennent plus compétitifs.

Le modèle “one-and-done”, longtemps dominant, semble progressivement perdre du terrain.

Les prochaines dates importantes

La Draft NBA 2026 se déroulera les 23 et 24 juin au Barclays Center de Brooklyn.

Les joueurs souhaitant conserver leur éligibilité NCAA devront retirer leur nom de la Draft avant le 27 mai.

D’ici là, plusieurs prospects pourraient encore revenir à l’université… preuve supplémentaire que le basketball universitaire n’a jamais été aussi attractif financièrement.